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samedi 5 novembre 2016

GABOR - La petite boutique des caractères


Livre lu en Octobre 2016
Partenariat Le cherche-Midi Editions

Pourquoi j'ai choisi ce livre ?
Fervent admirateur de Raymond DEVOS, j'ai découvert par le biais des éditions du Cherche-Midi (que je remercie ici pour l'envoi de ce livre) le roman couronné premier prix pour la première édition du "Prix Raymond DEVOS Ou Est Caen." Du coup, cela a éveillé ma curiosité d'aficionado de l'un des plus grand génie des mots de tous les temps.

Je remercie les éditions du Cherche-Midi pour l'envoi de cet ouvrage.

4eme de Couverture :
"Un cimetière, c'est plein d'amour en retard. Je le sais parce que c'est lç que j'ai appris que ma mère, elle aimait mon père. Même elle, ça se trouve, c'est la qu'elle l'a appris. Mon père, il était marin et il s'est noyé quand j'avais huit ans, mais on l'a jamais retrouvé. Quand on me l'a appris, j'ai rempli un verre d'eau salée et je l'ai laissé fondre au soleil. Y'a pas de petite vengeance. Quand j'étais petite petite, je pleurais en fermant mes poings dans mes yeux comme pour frapper des images qu'avaient rien à faire là. Je pleure plus comme ça maintenant, mais je pleure toujours. Mon problème, c'est que quand je pense à la mer, je pleure, et que quand je pleure, je pense à la mer. Moi je crois que c'est pas un hasard si ça a le même gout."
Plaidoyer poétique et surréaliste pour les figures du fou et de l'enfant, ce petit conte philosophique fragmenté est une ode autant qu'une critique aux débordements (in)controlés de l'imagination.

Gabor, vingt huit ans est le lauréat du premier prix littéraire Ou est Caen, crée par la Fondation Raymond DEVOS et le Cherche midi éditeur. Ce prix récompense le travail d'un jeune auteur s'insccrivant dans l'univers de Raymond DEVOS, jongleur de mots et  maître de l'absurde.

Le Prix Raymond DEVOS : 

La Fondation Raymond DEVOS et le cherche midi éditeur ont crée en 2016 le prix Où est Caen, distinguant l'oeuvre d'un jeune auteur . Le prix récompense une oeuvre s'inscrivant dans l'univers de Raymond DEVOS, jongleur de mots et maître de l'absurde, amoureux des jeux d'esprit , des conjugaisons rares et des sonorités précieuses. (...)
Cette première édition du prix Où est Caen, intervient l'année de l'ouverture du musée Raymond DEVOS dans la maison de l'artiste, à Saint-Rémy-lès-Chevreuse. (...)
(Extrait de l'ouvrage)

Mon avis : 
"Quand on a la prétention d'entraîner les gens dans l'imaginaire, il faut pouvoir les ramener dans le réel... et sans dommage" disait Raymond DEVOS.

Lorsque j'ai ouvert  ce livre pour la première fois, j'ai feuilleté quelques pages de chacun des chapitres de ce livre, avec une sensation étrange et c'est cette citation qui m'est venue a l'esprit. Mélange de petites histoires, d'aphorismes, de blocs de texte, chaque chapitre est "différent" et possède sa propre singularité. Plus qu'un roman (à tiroirs ?) voila un exercice d'écriture habile, qui semble être sorti de nulle part.

A la lecture plus précise de cet ouvrage on se rend toutefois compte qu'entre chaque chapitre se dessine un mince fil, tellement mince qu'il parait difficile de le percevoir voire de le suivre par moments, le fil de l'imaginaire. L'imaginaire d'une petite fille au bord de la folie, qui vit dans un monde a elle ou les sourires s'achètent, les traits de caractères s'échangent, les personnalités se fabriquent, les mots font leur révolution, ou les larmes sont comme la mer, Un imaginaire complexe. Si clairement ce livre est plein de bonnes idées, a l'image de celles que Devos aurait pu avoir (en prolongement de ses 40emes délirants par exemple puisque ce livre m'y a beaucoup fait penser), il n'en demeure pas moins qu'il faille peut être un peu s'accrocher à la lecture sous peine de ne pas comprendre une certaine forme de "folie" surréaliste, un peu effrayante je l'avoue. C'est à double tranchant, n'ayons pas peur des mots. N'ayons pas peur des aphorismes non plus puisque ce livre en est truffé dont quelques uns m'ont d'ailleurs intrigué. La fin du roman éclaire plus ou moins le lecteur sur les intentions que l'auteur à voulu transmettre au travers de cet ouvrage nous rappelant que "l'imagination est au bout du crayon." et l'ouvrage se termine par une très belle histoire qui nous rappelle de toujours croire en ses rêves et que "le crayon est le barrage entre la réalité et l'imagination". C'est aussi et avant tout un lien, voire un pont entre l'auteur et le lecteur au travers d'un texte.

En conclusion : La petite boutique des caractères est une curiosité littéraire, un roman aphorico-surréaliste (j'ai pas trouvé mieux comme idée pour qualifier ce roman a l'imagination délurée, entrecoupé d'aphorismes... ) avec de très bonnes idées, mais qui demande tout de même à la fois que l'on s'y accroche un peu et qu'on se laisse porter par les mots. Il est bon parfois de sortir des sentiers battus, de sa zone de confort individuelle et  d'aller chercher un peu plus loin, ce qui peut faire la différence. Les livres sont des fenêtres, Regarder par la fenètre, tout comme "sauter", en chute libre   (en l’occurrence ici en prenant le livre, en l'ouvrant et en lisant) c'est aussi prendre des risques. Il est bon parfois de se risquer a lire des choses différentes, rechercher des sensations différentes, bousculer un peu ses habitudes de lecteur car parfois, il suffit de quelque mots, de quelques phrases pour qu'une lecture prenne un sens que nous n'aurions peut être pas soupçonné si l'idée ne nous était pas venue d'aller a la rencontre du texte. Un livre sur les pouvoirs et les débordements de l'imagination, une petite curiosité de 220 pages à découvrir depuis le 3 novembre 2016 en librairie.

J'avoue avoir du mal a me décider... entre le 3 et le 4 mais... si le 3 1/2 existait... c'est la note que je mettrais..



D'autres liens sur le blog concernant "Raymond DEVOS" :
Bernard FRIOT & Jacques AZAM - Le car pour Caen passe au quart

Bernard FRIOT & Colcanopa - Quand j'ai tort, j'ai mes raisons
Parler pour ne rien dire - Sketch de Rayond DEVOS
Raymond DEVOS - Il n'y a pas de quoi rire


Une autre curiosité livresque dans laquelle les mots ont la part belleque j'ai envie de vous faire découvrir tout simplement parce que j'y pense au moment ou je rédige cette chronique.
et qui n'a pas dit son dernier mot...
"Je m'appelle Mina...." de David ALMOND

Citations et extraits : à venir

Bonne journée !

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